Lire aussi : "Le journal d'un "juif de culture""
Léon Blum, "Juif d'Etat", Léon Blum, "Juif de culture"?
Cette appellation de "Juif de culture" pourrait s'étendre à ses frères, et ce n'est sans doute pas par son père, arrivé en 1848 de Westhoffen, et qui a débuté comme commis dans un magasin de soierie, qu'il achètera, que cette culture a été transmise. Peut-être, en partie, par sa grand-mère maternelle, Henriette Picard, "la communarde", qui tenait librairie place Dauphine, où l'on se réunissait pendant la Commune de Paris.
La famille Blum, prototype de la famille israélite, "libérée" en 1791 par la révolution française, commence son ascension sociale au milieu du XIXième siècle. Et quelle ascension, où Léon, propulsé par l'ascenseur républicain de l'Ecole Normale Supérieure et du Conseil d'Etat, se retrouve rapidement au sommet de l'Etat.
Léon Blum est définitivement un "Juif d'Etat" dans l'acceptation donnée par le sociologue Pierre Birnbaum, et c'est comme cela qu'on le connaît.
Mais les frères Blum ne seraient-ils pas, avant-tout des "Juifs de culture"?
Lucien Blum, né le 14 décembre 1869, est l’aîné des cinq frères Blum, dont René, né en 1878 est le benjamin et Léon, né le 9 avril 1872, le puîné.
Les liens entre les cinq frères (Marcel est né en 1874 et Georges en 1876) sont étroits, de même que leur attachement à leurs parents est fort. Jusqu’à la mort de leur père, Auguste Blum, en 1921, ils iront le voir tous les jours, tous les cinq.
A l’intérieur de la fratrie, Léon est reconnu comme l’aîné, car de loin le plus doué. Il suscite l’admiration de tous : « Léon est le second, mais passerait facilement pour l’aîné grâce à ses dons exceptionnels », écrit Lucien . " Ce que je suis dans la vie ? Je suis le frère de Léon, voilà tout », déclare René à ses amis."
Ces dons exceptionnels, Léon les manifeste dès l’adolescence dans le domaine de la culture.
Ecoutons Lucien qui a dicté ses souvenirs sur son frère Léon en 1950, quelques jours avant sa mort, à sa fille Jacqueline :
" Léon n’acheva pas ses études à Charlemagne, mais à Henri IV où il fut le condisciple de Berthelot, le fils du grand chimiste. Léon et lui se disputèrent les premiers prix de la classe de philo et plus tard ceux du concours général. Par Berthelot, le père, nous eûmes la joie de connaître les sonnets de J.M. de Hérédia. Nous avons reçu un par un les manuscrits du « Vieil Orfèvre », de « Antoine et Cléopâtre ». Nous fûmes touchés surtout par la fraîcheur de l’ «Epigraphe funéraire » :
« Une libation de gouttes de rosée »
Les premiers amis de Léon furent Pierre Louys, garçon élégant, à l’aspect oriental, qui fumait des cigares de luxe, qui, disait-il un peu vaniteusement, s’était séparé des Parnassiens. Il nous apporta un sonnet commençant par ces vers :
« Nous irons, toi vers Luze, et moi vers saint Jean d’Acre ».
Mais dont nous ne sûmes jamais la fin !
Autre ami, André Gide, jeune protestant, garçon très simple qui venait d’écrire « Paludes » et préparait les « Nourritures terrestres ».
Il y avait alors à Paris un garçon dont on parlait beaucoup, Paul Bernard, qui avait changé son nom pour celui de Tristan Bernard. Il avait fondé un journal, « Le Chasseur de Chevelures ». C’était un humoriste du genre d’Alphonse Allais et de Felix Fénéon.
Vinrent ensuite l’amitié avec Jules Renard, Henri de Régnier, Proust et l’entrée à la « Revue Blanche », dirigée par les frères Natanson où Léon s’exerça dans les vers comme dans la prose.
Sa prose fut consacrée à des réflexions sur la mort d’un ami : « A Eliane ou le Regret », qui formèrent les premiers éléments du livre sur le « Mariage.
Il fit des vers délicats comme les suivants :
Tu sais que tu recueilles
En des rêves trop subtils,
L’eau miroite entre les feuilles
Et le ciel entre tes cils. »
Bientôt Léon et Lucien se séparent."
Lucien doit alors aller faire un stage en Angleterre pour se préparer à entrer dans l’affaire familiale, la maison « A. Blum et frères, rubans et velours, soieries, tulles et crêpes, fantaisies pour mode », où le rejoindront Georges et Marcel, et qu’il ne quittera que chassé par les Allemands en 1941.
Cela ne l’empêchera pas de s’adonner toute sa vie à la culture.
En 1891, Léon entame sa collaboration à la « Revue Blanche ». La Revue blanche est une revue littéraire et artistique où collaborèrent les plus grands écrivains et artistes de cette époque.
Elle fut fondée et dirigée par les frères Natanson (Alexandre, Thadée et Louis-Alfred, dit Alfred Athis). Elle se posa en rivale du «Mercure de France », d'où son nom qui marquait la différence avec la couverture mauve du « Mercure ». L'épouse de Thadée, Misia, participe au lancement de la revue et sert de modèle à quelques couvertures. Les secrétaires de rédaction furent le critique Lucien Muhlfeld mais aussi Léon Blum, et enfin, l'exigeant Félix Fénéon de 1896 à 1903.
« C’est à son entrée à la Revue Blanche qu’il faut saisir l’homme.(…) Il rejoint ceux qui avaient fait de la Revue Blanche une publication de combat et d’art, façonnée pour l’homme, non pour les chapelles, et dont les préoccupations sociales et humaines se trouvaient marquées d’un esprit libertaire dépassant les frontières » .
« Qui rencontre-ton, à la revue ? Barrès, c’est vrai –mais il est encore vaguement mal-pensant- et Mallarmé, Gourmont et Claudel : on n’est tout de même pas chez les communeux. Et « Verlaine au bout de sa vie titubante, y écrit, sur un coin de table, un sonnet ». Mais la plupart des collaborateurs sont, pour une raison ou une autre, et avec plus ou moins de véhémence des contestataires : Zola, Péguy, Apollinaire, Charles-Louis Philippe, Jules Renard, Jarry, Tristan Bernard, Julien Benda, Bernard Lazare, Et les étrangers Tolstoï, Ibsen, Stuart Merril, Björnson- jusqu’à Kropotkine » .
Il est chargé de la « Chronique des Livres » à laquelle il donne régulièrement des écrits qui, sous le couvert de « Nouvelles conversations de Goethe avec Eckermann », traitent de problèmes moraux, sociaux, politiques, évoquent la vie littéraire ou les grands débats du moment.
Léon Blum a aussi été un critique dramatique de talent, comme le rappelle Serge Bernstein :
« De 1905 à 1914, Léon Blum exerce son activité de juriste au Conseil d’Etat, tout en devenant un critique dramatique connu et apprécié. Ses deux professions ne sont certes pas équivalentes à ses yeux et il n’est pas certain que la première soit la plus importante pour lui.. A la différence de critiques qui s’efforcent de théoriser les raisons de leur choix, Léon Blum est un critique pragmatique qui ne se réclame d’aucune méthode préétablie: il dit pourquoi il aime ou il n’aime pas les pièces qu’il a vues et force est de reconnaître que la postérité n’a guère ratifié ses choix lorsqu’il couvre d’éloges un Paul Hervieu, un René Boylesve, un Paul Adam ou un Edouard Estaunié, pour ne pas parler de son ami Georges de Porto-Riche en qui il voit le Racine des temps nouveaux (il est vrai que l’Académie française en fera un Immortel après la Première Guerre mondiale). Qui aime-t-il ? D’abord ses amis et ils sont nombreux, d’André Gide à Proust, d’Henry Bernstein à Gustave Geffroy. Ensuite les grands auteurs universels, Shakespeare ou Goethe. Il juge Marivaux très supérieur à Molière. »
René fréquentera la Revue Blanche quelques années après son frère : « Dans la génération qui suivait celle qui faisait ses premières armes dans la Revue Blanche en 1891, tout de suite ses grandes qualités de cœur et d’esprit désignèrent René Blum à l’affection de ses ainés (…). De bonne heure se révéla en lui le goût vif des livres et de beaux livres ; il devint peu à peu le remarquable bibliophile que l’on sait. En même temps, il suivait de très près, et le cœur déjà conquis, toutes les tentatives, tous les efforts d’art que firent à ce moment là les magnifiques peintres succédant aux impressionnistes, de Toulouse-Lautrec à Gauguin, de Bonnard à Vuillard, d’Odilon Redon à Seurat. C’est l’honneur de la Revue Blanche d’avoir accueilli ces grands artistes dès leur début, cette Revue Blanche où René Blum était comme chez lui, dont son frère Léon était un des rédacteurs les plus appréciés et dont l’indépendante franchise favorisait toutes les audaces. »
René Blum contribuera largement à faire publier Marcel Proust, comme le rappelle Antoine Bibesco :
« Au moment où Marcel Proust eut l’humiliation de voir son roman refusé par bien des éditeurs, la Nouvelle Revue française, Fasquelle et Ollendorff, je lui fis connaître René Blum. En même temps, mon frère Emmanuel lui fit lire quelques extraits du « Temps perdu ». René fut conquis par le génie de Proust. Il voulut réparer l’erreur des éditeurs maladroits. Avec cette persévérance, cette énergie, cette obstination qu’il mettait rarement à défendre ses propres intérêts, il lui chercha un éditeur. Il finit par trouver Bernard Grasset et plaida auprès de lui la cause de Marcel Proust. L’édition originale de Swann parut chez lui. »
En 1924, René Blum, est appelé à diriger la saison de comédie de Monte-Carlo, Jacques Chabannes raconte : « René s’ingéniait à créer cinq ou six pièces nouvelles avec des distributions éblouissantes. C’est ainsi que l’on vit Madeleine Renaud débuter dans la « Beauté du Diable », pièce inédite de Jacques Deval, avec un jeune comique d’avenir, nommé Michel Simon. C’est ainsi qu’au « Coup du 2 décembre » de Zimmer, il fit préférer à Jouvet « Au grand large » dont il paya le décor pour la création à Monte-Carlo. C’est ainsi qu’il accueillit la première pièce écrite par un jeune auteur : Marcel Pagnol (« Jazz » était joué par Harry Baur et un presque débutant, Pierre Blanchar), et le dernier drame de François de Curel, « La Viveuse et le Moribond », que mit en scène Antoine.
Quand René faisait des reprises, c’était pour monter « Chéri » avec Colette, « Le Prince charmant » avec Tristan Bernard, et « Le gendre de Monsieur Poirier » avec Lucien Guitry. »
Dans la saison 1931-1932 il présentera « Les amours du poète », comédie qu’il a écrite avec G. Delaquys, puis sera en 1932, Directeur des Ballets Russes puis Directeur des Ballets de Monte-Carlo jusqu’en 1938.
Georges Huisman, qui fut Directeur Général des Beaux-Arts de 1934 à 1940, dit de lui : « Je n’ai jamais rencontré d’homme qui ait réuni au même degré le sens de la littérature et le goût du théâtre. Sa culture musicale était illimitée». Et il raconte :
« Il connaissait en détail chaque partition et tenait, avec l’aide de sa mémoire, l’inventaire complet de tous les instrumentistes et de tous les chanteurs de classe. Comme je lui demandais un jour de 1936, s’il n’accepterait pas de prendre la responsabilité de nos scènes lyriques, je l’entendrai toujours me dire le plus gaiement du monde : « Il ne saurait être question pour moi d’obtenir une haute fonction au temps du Front Populaire ! » ».
A l’instar de Léon et de René, Lucien Blum a une culture artistique exceptionnelle, qui s’étend du théâtre au ballet en passant par la littérature, la poésie et la musique. Il mène tout au long de son existence une « double vie », s’occupant simultanément de la maison « Blum frères » et de ses passions culturelles.
On peut certainement s’interroger sur la présence d’une telle richesse dans une famille aux origines somme toute modestes : Leur père, Auguste (Abraham) Blum, était arrivé à Paris en 1848 après avoir quitté le petit village de Westhoffen en Alsace. Il a débuté alors comme commis dans une maison de soieries qu’il a fini par racheter avec son frère. Les témoignages ne le présentent pas comme un homme parfaitement érudit.
Les biographes de Léon Blum ont souvent fait appel à Henriette Picart, la grand-mère maternelle, libraire place Dauphine, pour justifier l’attirance de Léon vers la politique. Cette influence est confirmée par le témoignage de Lucien :
« Léon se distingua à la pension Roux par un sérieux, une application constante et son don de discuter les questions de politique et d’histoire. Il tenait disait-on de notre grand-mère maternelle, communarde enragée. Elle habitait rue du Rendez-vous à Saint-Mandé, et nous allions la voir souvent. »
Mais, si elle a contribué à la formation politique de son petit-fils Léon, Henriette Picart n’apparaît pas clairement à la source de l’attirance artistique de ses petits-enfants.
D’où vient alors ce goût prononcé pour la culture des cinq frères ? Peut-être faut-il se rappeler que trois des grands domaines interdits pendant des siècles aux juifs –jusqu’en 1792- sont l’Administration, l’Industrie et la Culture. Ces grands domaines n’ont vraiment été pleinement investis qu’à partir de la deuxième moitié du XIXième siècle quand les familles alsaciennes sont arrivées à Paris. Certes, certaines familles comme les Javal (le gendre de Lucien Blum est un Javal) s’étaient lancées plus tôt. Dès 1808, les Javal avaient demandé et obtenu l’autorisation de créer une industrie de tissage à Mulhouse en arguant qu’ils donneraient ainsi du travail à leurs coreligionnaires. 1808, c’est aussi l’année des « décrets infâmes » de Napoléon Ier, décrets qui vont brider le développement des juifs pendant quelques années. Les Javal, faisant exception, s’installent à Paris dès 1819 et font fortune.
Pierre Birnbaum a appelé ces grandes dynasties « Les Juifs de Cour », tournées vers les affaires et vers la banque, réservant, dans son ouvrage « Les fous de la république », l’appellation « Juifs d’Etat », à ceux qui ont investi la fonction publique après que Jules Grévy et Jules Ferry en eurent laïcisé l’accès. Mais les réseaux et les préjugés ont la vie dure et ceux qui sont candidats à de hautes fonctions, doivent se révéler exemplaires :
"« Les « Juifs d’Etat » s’investissent corps et âme dans leur fonction, se dépouillant de leurs habits anciens pour revêtir les nobles livrées des dignitaires graves et responsables de l’Etat.(…) Passé par l’école républicaine et les concours des grandes écoles, Léon Blum, est, à travers l’Ecole Normale Supérieure et le Conseil d’Etat, devenu le type même du Juif d’Etat."
Il faut remarquer que les grandes interdictions d’exercer des décrets de Pétain et des ordonnances allemandes avaient justement trait à l’Administration, la gestion des sociétés et les professions culturelles. Un retour des juifs, au moins de cent cinquante ans en arrière.
Il faut attendre la toute fin du XIXième siècle pour que la culture devienne un des grands vecteurs d’assimilation des juifs. Il faut dire que les juifs ont été tardifs à s’investir dans ce champ :
" Dans ces débuts hésitants, nous voyons apparaître des écrivains à tendances multiples sur un fond de judaïsme mitigé. Eugène Manuel, un des fondateurs de l'Alliance, Catulle Mendès, poète et auteur théâtral. D'autres écrivains dramatiques comme Adolphe d'Ennery, Ludovic Halévy, Georges de Porto-Riche, le grand Tristan Bernard.
L'issue heureuse de l'Affaire Dreyfus met fin, dans la classe intellectuelle juive, à un siècle d'atmosphère empreinte de timidité qui persistait malgré son émancipation totale. A l'aube de ce siècle, la place des écrivains juifs dans la littérature théâtrale est dominante : Fernand Nozière, André Pascal, Alfred Savoir, Pierre Wolff, le célèbre Henri Bernstein. Dans d'autres secteurs on relève André Suarès, Julien Benda, Benjamin Crémieux, Maurice Sachs, André Maurois, Henri Duvernois."
Pour les frères Blum, la voie de la culture est évidente, et même Léon, pour qui le chemin du pouvoir d’Etat est ouvert, semble hésiter.
Les frères Blum seraient-ils des « Juifs de Culture », investis corps et âmes dans cette culture française à travers laquelle ils acquièrent leur véritable certificat de nationalité, ils pénètrent au cœur même de la société française. Symbolisation extrême de leur identification à la France, Paris, ses théâtres, ses opéras, ses artistes, que ni Lucien, ni René n’auront voulu quitter quand la raison les appelait à l’extérieur.
Léon Blum serait alors, de façon exceptionnelle, un « Juif d’Etat » et un « Juif de culture.
Dans « Juif de culture », il y a le mot « Juif », c'est-à-dire le rattachement à une famille qu’on ne veut renier, et, quel que soit le degré de pratique de la religion, un minimum de traditions. Il y a aussi des pratiques endogames, et Jeanne l’épouse de Lucien était juive, comme les trois femmes de Léon Blum. Enfin, il ne faut pas oublier que la culture juive est une culture du livre. René Blum possédait une bibliothèque exceptionnelle, et les trois frères ont sans doute lu à eux trois l’intégralité de la littérature française. Ce refuge dans le livre face au pogrom, patent chez Lucien Blum, est probablement un trait typiquement juif.
Léon Blum revendiquait clairement la coexistence entre assimilation et judéité : « J’ai le droit de me sentir comme nettement assimilé, je sens nettement qu’aucun élément de l’esprit français ne m’est étranger, ni de l’honneur français, ni de la culture française, aussi raffinée soit-elle. Eh bien, je n’en ai pas moins le sentiment d’être juif. Et je n’ai rencontré entre les deux phases de ma conscience, la moindre opposition. »
Contrairement à certains, qui réfutent leur caractère juif au moment de l’application des décrets de Pétain, parce que non croyants et non pratiquants, les frères Blum, au contraire ne renieront jamais la religion de leurs ancêtres dont ils n’ont gardé qu’un minimum de traditions.
Ainsi, l’ « honneur » et la « culture » sont les valeurs qui rattachent de façon essentielle cette fratrie israélite à la France. Ce sont ces valeurs qui vont expliquer leur comportement face à l’occupant.
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lundi 28 février 2011
samedi 26 février 2011
Blum, DSK, Israël et les israélites
Lire aussi : Quand Sarkozy réécrit l'histoire des juifs de France
Léon Blum et DSK sont deux hommes politiques français, socialistes et juifs, répertoriés tous deux, par leurs déclarations, comme des sionistes. Peut-on rapprocher l'un de l'autre sur le plan de la judéité?
Nous nous proposons d'évaluer leurs positions respectives par une analyse de leurs déclarations les plus souvent citées sur le sujet:
Léon Blum, hommage à Heinz Weizmann :
"Juif français, né en France d’une longue suite d’aïeux français, ne parlant que la langue de mon pays, nourri principalement de sa culture, m’étant refusé à le quitter à l’heure même où j’y courais le plus de dangers, je participe cependant à l’effort admirable miraculeusement transporté du plan du rêve au plan de la réalité historique, qui assure désormais une patrie digne, également libre à tous les Juifs qui n’ont pas eu comme moi la bonne fortune de la trouver dans leur pays natal".
On remarquera la longue insistance de Léon Blum à s'établir comme français, enraciné à la France, et à se féliciter de l'existence d'Israël comme un refuge pour ceux qui n'ont pu se fixer ailleurs (sous-entendu, qui ont été persécutés dans leur pays). Léon Blum prône un sionisme humanitaire, bien loin du retour nécessaire à la terre promise.
Dominique Strauss-Khan (Passages N° 35 - Février/Mars 1991) :
" Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc c’est vrai en France, doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. C’est pour ça d’ailleurs qu’il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques ".
Dans cette déclaration, certes ancienne, DSK n'établit pas de hiérarchie entre la France et Israël. Son attachement à Israël est au moins égal à son attachement français. Il appartient d'abord à la diaspora, c'est à dire qu'il est juif, sans doute avant d'être français.
La position de DSK est une position relativement répandue dans la communauté juive internationale. La position de Léon Blum tranche un peu, et pour bien la comprendre on doit faire un retour historique sur les israélites, dont Léon Blum est le pur produit.
Le mot « israélites » désigne de façon très précise les Juifs présents en France en 1808 et leurs descendants non convertis. Ils se distinguent des autres juifs, et notamment de ceux qui affluèrent en France ultérieurement, par l’acceptation du pacte napoléonien d’assimilation à la société française. Ce pacte, matérialisé par les décrets de 1808, dont un décret connu sous le nom de « décret infâme », qui en pose le caractère antisémite, instaure un contrôle de la communauté par les notables par le biais du Consistoire. Ce sont les notables qui garantissent l’assimilation de leurs coreligionnaires.
Bien que dans l’esprit de Napoléon, l’assimilation conduisait irrémédiablement à la disparition de la religion par l’obligation d’un tiers de mariages mixtes, la communauté adopta des règles différentes. Le maintien de la religion était de mise, mais une extrême discrétion dans toutes les manifestations extérieures. On devait faire oublier aux autres que l’on était juif, et montrer que l’on était surtout et avant tout français.
Les signes de repère extérieur disparurent chez les israélites, où l’on allait au temple plutôt qu’à la synagogue, où l’on portait le feutre plutôt que la kippa.
Ainsi l'ukase napoléonien se transforma en un pacte qui scella les règles de la Communauté.
La Communauté se montrera hostile aux juifs immigrés, particulièrement depuis leur arrivée massive en France avant la deuxième guerre mondiale, rompant avec la solidarité judaïque universelle. La communauté israélite restera fermée sur elle-même, protégeant son statut de "français à part entière", et craignant que la trop grande visibilité des juifs immigrés ne renforce l'antisémitisme.
Ce qui caractérisa la Communauté israélite c’est sa très grande réussite dans tous les domaines qu’ils soient industriels, financiers, artistiques ou politiques. En moins d’une centaine d’années elle accèdera aux plus hautes fonctions de la République. Communauté très soudée, elle restera fortement endogame, contrairement aux vœux napoléoniens.
Les décrets antisémites du maréchal Pétain de 1940, feront exploser la communauté israélite. Pensant bénéficier d’une mansuétude particulière du fait de son patriotisme exemplaire, en tous les domaines, et de son implication dans l’appareil d’Etat, elle fut renvoyée comme un vulgaire domestique, par un Maréchal Pétain qui n’était même pas allé chercher ses ordres chez Hitler. Paul-Louis Weiller, juif par sa mère, officier de la Légion d’Honneur à 25 ans, rosette remise par Foch, cité douze fois à l’ordre de l’armée, dont la douzième fois, sur proposition du général Pétain, fut déchu de la nationalité française par ce même Pétain.
Au grand rabbin de France, qui venait lui dire le 16 mars 1941 : « Tout ce que nous avons fait dans tant de domaines au point de vue patriotique », Pétain reprend l’argument napoléonien pour justifier sa position : « Le tort que vous avez, c’est de ne pas être intégrés dans la nationalité française. Vous n’avez pas d’artisanat, de paysannat : par là vous êtes écartés de la nation ».
La Communauté qui avait survécu à l’affaire Dreyfus se montrera impuissante à empêcher son éviction de l’Etat français, et ce, malgré l’étroitesse des relations qui reliaient le président du Consistoire et le Maréchal, dont il était un ami personnel. Ultime pied de nez, Pétain, sur ordre d’Hitler créera l’UGIF, contre l’avis du Consistoire, une organisation juive d’Etat, qui intégrera les juifs d’origine étrangère. L'UGIF fut adjuvant social d'une solution finale qui touchera presque tous ceux qui ne s’étaient pas cachés, dont le président du Consistoire, et sa femme, qui avaient refusé de fuir.
Impuissante à protéger ses membres contre l’antisémitisme de Vichy, incapable d’intégrer les immigrés, critiquée par la participation de certaines de ses élites à l’UGIF, la Communauté israélite ne se remet pas de la guerre. Non seulement elle aura été exclue de la société française où elle s’était installée après 150 ans d’efforts, mais, en plus, la shoah l’aura remise dans le rang du juif ordinaire qu’elle pensait avoir transcendé. Les israélites n'existent plus. Leurs enfants ont choisi entre redevenir juifs, dans le sens classique de l'acceptation, ou s’assimiler, sans se convertir. Seules quelques voix isolées viennent en rappeler opportunément les préceptes.
Aidé par Hitler et Pétain, Napoléon a réussi son projet avec plus de 100 ans de retard.
On comprendra peut-être mieux la première partie de l'hommage de Léon Blum, qui assène, en préambule, la règle fondamentale de la Communauté : "Français d'abord". De nombreux israélites étaient hostiles à la création d'Israël, mais Léon Blum développe, sur le sujet, une position politique, qui n'a rien de contradictoire avec les règles de la Communauté, de même que la majorité de la Communauté était politiquement hostile à Léon Blum.
DSK, dont le père a l'apparence d'être israélite, tient un discours qui n'emprunte en rien aux règles de la Communauté. Il se fond dans le discours juif, le plus classique, avec sa fidélité sans réserves à Israël.
Pendant cent cinquante ans, les israélites sont arrivés à conserver leurs traditions tout en étant plus français que des français. La Communauté israélite, si elle existait encore, désapprouverait DSK.
Espérons seulement que DSK puisse amender sa position sur Israël, en s'inspirant, dans la forme, de Léon Blum, c'est à dire en considérant qu'Israël pose un problème de politique étrangère sur lequel il pose son regard de socialiste français, oubliant, sans la nier, son origine juive. C'est la seule façon de ne pas prêter le flanc à l'antisémitisme.
Au fond, souhaitons à DSK de se rappeler ses racines israélites!
Contrairement à ce que tentent d'accréditer certains de ses biographes, Léon Blum n'était pas un sioniste. C'était un israélite qui a approuvé la création d'Israël pour des raisons d'idéologie humaniste et socialiste. Et d'ailleurs, ce qu'il souhaitait voir dès 1946, nous souhaiterions le voir encore dès aujourd'hui : " Pour moi, je suis vieux, et je ne toucherai pas la terre promise. Je ne verrai pas l'union parfaite des peuples dans la justice et dans la paix. Je ne verrai pas, selon l'image du poète, les nations assises autour de leur foyer commun «comme des soeurs autour de l'âtre» ".
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Léon Blum et DSK sont deux hommes politiques français, socialistes et juifs, répertoriés tous deux, par leurs déclarations, comme des sionistes. Peut-on rapprocher l'un de l'autre sur le plan de la judéité?
Nous nous proposons d'évaluer leurs positions respectives par une analyse de leurs déclarations les plus souvent citées sur le sujet:
Léon Blum, hommage à Heinz Weizmann :
"Juif français, né en France d’une longue suite d’aïeux français, ne parlant que la langue de mon pays, nourri principalement de sa culture, m’étant refusé à le quitter à l’heure même où j’y courais le plus de dangers, je participe cependant à l’effort admirable miraculeusement transporté du plan du rêve au plan de la réalité historique, qui assure désormais une patrie digne, également libre à tous les Juifs qui n’ont pas eu comme moi la bonne fortune de la trouver dans leur pays natal".
On remarquera la longue insistance de Léon Blum à s'établir comme français, enraciné à la France, et à se féliciter de l'existence d'Israël comme un refuge pour ceux qui n'ont pu se fixer ailleurs (sous-entendu, qui ont été persécutés dans leur pays). Léon Blum prône un sionisme humanitaire, bien loin du retour nécessaire à la terre promise.
Dominique Strauss-Khan (Passages N° 35 - Février/Mars 1991) :
" Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc c’est vrai en France, doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. C’est pour ça d’ailleurs qu’il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques ".
Dans cette déclaration, certes ancienne, DSK n'établit pas de hiérarchie entre la France et Israël. Son attachement à Israël est au moins égal à son attachement français. Il appartient d'abord à la diaspora, c'est à dire qu'il est juif, sans doute avant d'être français.
La position de DSK est une position relativement répandue dans la communauté juive internationale. La position de Léon Blum tranche un peu, et pour bien la comprendre on doit faire un retour historique sur les israélites, dont Léon Blum est le pur produit.
Le mot « israélites » désigne de façon très précise les Juifs présents en France en 1808 et leurs descendants non convertis. Ils se distinguent des autres juifs, et notamment de ceux qui affluèrent en France ultérieurement, par l’acceptation du pacte napoléonien d’assimilation à la société française. Ce pacte, matérialisé par les décrets de 1808, dont un décret connu sous le nom de « décret infâme », qui en pose le caractère antisémite, instaure un contrôle de la communauté par les notables par le biais du Consistoire. Ce sont les notables qui garantissent l’assimilation de leurs coreligionnaires.
Bien que dans l’esprit de Napoléon, l’assimilation conduisait irrémédiablement à la disparition de la religion par l’obligation d’un tiers de mariages mixtes, la communauté adopta des règles différentes. Le maintien de la religion était de mise, mais une extrême discrétion dans toutes les manifestations extérieures. On devait faire oublier aux autres que l’on était juif, et montrer que l’on était surtout et avant tout français.
Les signes de repère extérieur disparurent chez les israélites, où l’on allait au temple plutôt qu’à la synagogue, où l’on portait le feutre plutôt que la kippa.
Ainsi l'ukase napoléonien se transforma en un pacte qui scella les règles de la Communauté.
La Communauté se montrera hostile aux juifs immigrés, particulièrement depuis leur arrivée massive en France avant la deuxième guerre mondiale, rompant avec la solidarité judaïque universelle. La communauté israélite restera fermée sur elle-même, protégeant son statut de "français à part entière", et craignant que la trop grande visibilité des juifs immigrés ne renforce l'antisémitisme.
Ce qui caractérisa la Communauté israélite c’est sa très grande réussite dans tous les domaines qu’ils soient industriels, financiers, artistiques ou politiques. En moins d’une centaine d’années elle accèdera aux plus hautes fonctions de la République. Communauté très soudée, elle restera fortement endogame, contrairement aux vœux napoléoniens.
Les décrets antisémites du maréchal Pétain de 1940, feront exploser la communauté israélite. Pensant bénéficier d’une mansuétude particulière du fait de son patriotisme exemplaire, en tous les domaines, et de son implication dans l’appareil d’Etat, elle fut renvoyée comme un vulgaire domestique, par un Maréchal Pétain qui n’était même pas allé chercher ses ordres chez Hitler. Paul-Louis Weiller, juif par sa mère, officier de la Légion d’Honneur à 25 ans, rosette remise par Foch, cité douze fois à l’ordre de l’armée, dont la douzième fois, sur proposition du général Pétain, fut déchu de la nationalité française par ce même Pétain.
Au grand rabbin de France, qui venait lui dire le 16 mars 1941 : « Tout ce que nous avons fait dans tant de domaines au point de vue patriotique », Pétain reprend l’argument napoléonien pour justifier sa position : « Le tort que vous avez, c’est de ne pas être intégrés dans la nationalité française. Vous n’avez pas d’artisanat, de paysannat : par là vous êtes écartés de la nation ».
La Communauté qui avait survécu à l’affaire Dreyfus se montrera impuissante à empêcher son éviction de l’Etat français, et ce, malgré l’étroitesse des relations qui reliaient le président du Consistoire et le Maréchal, dont il était un ami personnel. Ultime pied de nez, Pétain, sur ordre d’Hitler créera l’UGIF, contre l’avis du Consistoire, une organisation juive d’Etat, qui intégrera les juifs d’origine étrangère. L'UGIF fut adjuvant social d'une solution finale qui touchera presque tous ceux qui ne s’étaient pas cachés, dont le président du Consistoire, et sa femme, qui avaient refusé de fuir.
Impuissante à protéger ses membres contre l’antisémitisme de Vichy, incapable d’intégrer les immigrés, critiquée par la participation de certaines de ses élites à l’UGIF, la Communauté israélite ne se remet pas de la guerre. Non seulement elle aura été exclue de la société française où elle s’était installée après 150 ans d’efforts, mais, en plus, la shoah l’aura remise dans le rang du juif ordinaire qu’elle pensait avoir transcendé. Les israélites n'existent plus. Leurs enfants ont choisi entre redevenir juifs, dans le sens classique de l'acceptation, ou s’assimiler, sans se convertir. Seules quelques voix isolées viennent en rappeler opportunément les préceptes.
Aidé par Hitler et Pétain, Napoléon a réussi son projet avec plus de 100 ans de retard.
On comprendra peut-être mieux la première partie de l'hommage de Léon Blum, qui assène, en préambule, la règle fondamentale de la Communauté : "Français d'abord". De nombreux israélites étaient hostiles à la création d'Israël, mais Léon Blum développe, sur le sujet, une position politique, qui n'a rien de contradictoire avec les règles de la Communauté, de même que la majorité de la Communauté était politiquement hostile à Léon Blum.
DSK, dont le père a l'apparence d'être israélite, tient un discours qui n'emprunte en rien aux règles de la Communauté. Il se fond dans le discours juif, le plus classique, avec sa fidélité sans réserves à Israël.
Pendant cent cinquante ans, les israélites sont arrivés à conserver leurs traditions tout en étant plus français que des français. La Communauté israélite, si elle existait encore, désapprouverait DSK.
Espérons seulement que DSK puisse amender sa position sur Israël, en s'inspirant, dans la forme, de Léon Blum, c'est à dire en considérant qu'Israël pose un problème de politique étrangère sur lequel il pose son regard de socialiste français, oubliant, sans la nier, son origine juive. C'est la seule façon de ne pas prêter le flanc à l'antisémitisme.
Au fond, souhaitons à DSK de se rappeler ses racines israélites!
Contrairement à ce que tentent d'accréditer certains de ses biographes, Léon Blum n'était pas un sioniste. C'était un israélite qui a approuvé la création d'Israël pour des raisons d'idéologie humaniste et socialiste. Et d'ailleurs, ce qu'il souhaitait voir dès 1946, nous souhaiterions le voir encore dès aujourd'hui : " Pour moi, je suis vieux, et je ne toucherai pas la terre promise. Je ne verrai pas l'union parfaite des peuples dans la justice et dans la paix. Je ne verrai pas, selon l'image du poète, les nations assises autour de leur foyer commun «comme des soeurs autour de l'âtre» ".
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mercredi 23 février 2011
Qui manipule la presse?
C'est toujours intéressant de savoir qui émet des idées.
Sur la première page du Monde, version Internet, on trouve une accroche :
Idées
"Le modèle turc ne doit pas faire illusion"
Reprise dans le Monde papier avec un guillemettage différent :
Le " modèle turc " ne doit pas faire illusion
Etant entendu que cette phrase ne figure nulle part dans l'article écrit par Jean-Sylvestre Mongrenier, annoncé comme chercheur associé à l'Institut Thomas-More.
J'ai cherché qui il y avait derrière l'Institut Thomas-More.
Des membres éminents du patronat belge et français, des technocrates liés à l'UMP, Charles Millon. On pourrait penser à un Think Tank de l'UMP.
Voici quelques activités récentes :
Nouvelle Rencontre de l’Institut Thomas More, mercredi 16 février 2011, 8h30-10h, Paris. Intervenants : Jean-Sébastien VIALATTE, député (UMP) du Var, Vice-Président de la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi relatif à la bioéthique, et Xavier BRETON, Député (UMP) de l'Ain, membre de la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi
Rencontre de l’Institut Thomas More, jeudi 22 octobre 2009, 8h30-9h45, Paris. Intervenant : Valérie PECRESSE, ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche.
M. Mongrenier a-t-il sciemment omis de dire au Monde sa double affiliation? Jean-Sylvestre MONGRENIER, chercheur associé à l’Institut Thomas More est aussi chercheur à l'Institut Français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis).
S'agit-il de faire reluire la notoriété de l'Institut Thomas-More, pour qu'il devienne une voix reconnue dans les média français?
Manipulation ou jeu normal du lobbying?
Dès qu'on fouille un peu dans la presse, quelle que soit la presse, on est toujours surpris.
Sur la première page du Monde, version Internet, on trouve une accroche :
Idées
"Le modèle turc ne doit pas faire illusion"
Reprise dans le Monde papier avec un guillemettage différent :
Le " modèle turc " ne doit pas faire illusion
Etant entendu que cette phrase ne figure nulle part dans l'article écrit par Jean-Sylvestre Mongrenier, annoncé comme chercheur associé à l'Institut Thomas-More.
J'ai cherché qui il y avait derrière l'Institut Thomas-More.
Des membres éminents du patronat belge et français, des technocrates liés à l'UMP, Charles Millon. On pourrait penser à un Think Tank de l'UMP.
Voici quelques activités récentes :
Nouvelle Rencontre de l’Institut Thomas More, mercredi 16 février 2011, 8h30-10h, Paris. Intervenants : Jean-Sébastien VIALATTE, député (UMP) du Var, Vice-Président de la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi relatif à la bioéthique, et Xavier BRETON, Député (UMP) de l'Ain, membre de la Commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi
Rencontre de l’Institut Thomas More, jeudi 22 octobre 2009, 8h30-9h45, Paris. Intervenant : Valérie PECRESSE, ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche.
M. Mongrenier a-t-il sciemment omis de dire au Monde sa double affiliation? Jean-Sylvestre MONGRENIER, chercheur associé à l’Institut Thomas More est aussi chercheur à l'Institut Français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis).
S'agit-il de faire reluire la notoriété de l'Institut Thomas-More, pour qu'il devienne une voix reconnue dans les média français?
Manipulation ou jeu normal du lobbying?
Dès qu'on fouille un peu dans la presse, quelle que soit la presse, on est toujours surpris.
vendredi 18 février 2011
Je dois être totalement idiot!
Voilà ce que publie la une du Monde, version Internet:
.
Idées
Avant DSK, Léon Blum était-il "à l'image de la France" ?
.
.
Si quelqu'un peut m'expliquer ce que cela veut dire, je suis preneur.
.
Idées
Avant DSK, Léon Blum était-il "à l'image de la France" ?
.
.
Si quelqu'un peut m'expliquer ce que cela veut dire, je suis preneur.
mercredi 9 février 2011
Explication de texte pour élève de 6ième
Expliquez cet article extrait du journal "Le Monde" :
Nokia se trouve "sur une plate-forme en feu", avertit son nouveau PDG
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 09.02.11 | 15h52 • Mis à jour le 09.02.11
Le numéro un mondial des téléphones mobiles, le finlandais Nokia, se trouve actuellement sur "une plate-forme en feu" encerclée par un "violent incendie", écrit son nouveau PDG, Stephen Elop, dans un courriel aux employés, dont l'Agence France-Presse a eu copie, mercredi 9 février.
"Et il y a plus d'une explosion : il y a de nombreux points brûlants qui alimentent un violent incendie autour de nous", poursuit M. Elop, qui est depuis fin septembre le premier étranger à diriger le géant finlandais.
L'article enchaîne sur d'autres considérations.
Questions aux élèves :
De quelle plateforme s'agit-il?
Qu'est-ce-qui est en feu?
Que doivent faire les habitants de la plateforme?
Pourquoi?
Que sont ces explosions?
Que veut signifier le PdG?
Réponse (d'après un autre journal que "Le Monde"):
Engadget a publié une note interne de Stephen Elop destinée aux salariés de Nokia. Il rappelle combien la situation est critique et combien c’est la faute de l’entreprise si elle est en pleine crise.
La lettre commence par la sombre histoire d’un homme qui se trouve sur une plateforme pétrolière en feu et dont les seuls choix qui s’offrent à lui sont de sauter dans une eau noire et gelée ou bien de rester à sa place et de brûler. « Il décida de sauter. C’était inattendu. En temps normal il n’aurait jamais plongé dans une eau glacée. Mais il n’était pas dans des circonstances normales. L’homme a survécu » raconte-t-il. Une manière plutôt atypique de faire admettre à ses équipes que ce changement et ceux à venir ne seront que pour le plus grand bien de la société.
Et d’ajouter : « nous avons plusieurs sources d’explosion ». La concurrence est rude et le groupe n’arrive pas à produire des terminaux dans la lignée des autres constructeurs et notamment d’Apple qui connait un succès considérable. « Le premier iPhone a été lancé en 2007 et nous n’avons toujours pas de produit équivalent » rappelle-t-il. Il estime que beaucoup arrivent à se renouveler et à attirer une clientèle qu’il n’avait pas initialement. Miser sur le design, sur les services ou encore sur le prix, chacun a sa propre stratégie. Pourquoi pas Nokia ?
Les sources du problème
Pourtant, comme le rappelle le PDG, Nokia dispose d’un bon département de R&D. MeeGo était un bon OS, mais il n’a pas réussi à pénétrer suffisamment le marché, peut-être en raison d’un nombre trop faible de terminaux équipés de ce système d’exploitation. Quant à Symbian, il n’est absolument pas compétitif selon lui.
Chaque concurrent a développé son propre écosystème avec son OS, ses terminaux, ses marchés d’applications. « Nous allons devoir décider comment nous allons construire, catalyser, ou joindre un écosystème » insiste Stephen Elop.
Et après avoir rappelé à ses collaborateurs combien c’est leur faute si le navire prend l’eau, il ne précise pas exactement quelles mesures il entend prendre pour remonter la pente ni les stratégies qu’il allait mettre en œuvre. Ils le découvriront comme la presse vendredi prochain.
Conclusion
En coupant l'histoire à l'extrême, le journaliste rend son article incompréhensible.
Le Monde n'aurait jamais du publier un tel article.
Pourquoi les élèves parleraient-ils français, si les journaux distillent du charabia?
Nokia se trouve "sur une plate-forme en feu", avertit son nouveau PDG
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 09.02.11 | 15h52 • Mis à jour le 09.02.11
Le numéro un mondial des téléphones mobiles, le finlandais Nokia, se trouve actuellement sur "une plate-forme en feu" encerclée par un "violent incendie", écrit son nouveau PDG, Stephen Elop, dans un courriel aux employés, dont l'Agence France-Presse a eu copie, mercredi 9 février.
"Et il y a plus d'une explosion : il y a de nombreux points brûlants qui alimentent un violent incendie autour de nous", poursuit M. Elop, qui est depuis fin septembre le premier étranger à diriger le géant finlandais.
L'article enchaîne sur d'autres considérations.
Questions aux élèves :
De quelle plateforme s'agit-il?
Qu'est-ce-qui est en feu?
Que doivent faire les habitants de la plateforme?
Pourquoi?
Que sont ces explosions?
Que veut signifier le PdG?
Réponse (d'après un autre journal que "Le Monde"):
Engadget a publié une note interne de Stephen Elop destinée aux salariés de Nokia. Il rappelle combien la situation est critique et combien c’est la faute de l’entreprise si elle est en pleine crise.
La lettre commence par la sombre histoire d’un homme qui se trouve sur une plateforme pétrolière en feu et dont les seuls choix qui s’offrent à lui sont de sauter dans une eau noire et gelée ou bien de rester à sa place et de brûler. « Il décida de sauter. C’était inattendu. En temps normal il n’aurait jamais plongé dans une eau glacée. Mais il n’était pas dans des circonstances normales. L’homme a survécu » raconte-t-il. Une manière plutôt atypique de faire admettre à ses équipes que ce changement et ceux à venir ne seront que pour le plus grand bien de la société.
Et d’ajouter : « nous avons plusieurs sources d’explosion ». La concurrence est rude et le groupe n’arrive pas à produire des terminaux dans la lignée des autres constructeurs et notamment d’Apple qui connait un succès considérable. « Le premier iPhone a été lancé en 2007 et nous n’avons toujours pas de produit équivalent » rappelle-t-il. Il estime que beaucoup arrivent à se renouveler et à attirer une clientèle qu’il n’avait pas initialement. Miser sur le design, sur les services ou encore sur le prix, chacun a sa propre stratégie. Pourquoi pas Nokia ?
Les sources du problème
Pourtant, comme le rappelle le PDG, Nokia dispose d’un bon département de R&D. MeeGo était un bon OS, mais il n’a pas réussi à pénétrer suffisamment le marché, peut-être en raison d’un nombre trop faible de terminaux équipés de ce système d’exploitation. Quant à Symbian, il n’est absolument pas compétitif selon lui.
Chaque concurrent a développé son propre écosystème avec son OS, ses terminaux, ses marchés d’applications. « Nous allons devoir décider comment nous allons construire, catalyser, ou joindre un écosystème » insiste Stephen Elop.
Et après avoir rappelé à ses collaborateurs combien c’est leur faute si le navire prend l’eau, il ne précise pas exactement quelles mesures il entend prendre pour remonter la pente ni les stratégies qu’il allait mettre en œuvre. Ils le découvriront comme la presse vendredi prochain.
Conclusion
En coupant l'histoire à l'extrême, le journaliste rend son article incompréhensible.
Le Monde n'aurait jamais du publier un tel article.
Pourquoi les élèves parleraient-ils français, si les journaux distillent du charabia?
dimanche 6 février 2011
Qui-est-ce? de qui est-ce?
Que peut-il ? Tout.
Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! Cette roue tourne à vide.
L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes,les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse.
Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds,lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde,d’un homme médiocre échappé.
Victor HUGO,
« Napoléon, le petit »
Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! Cette roue tourne à vide.
L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes,les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse.
Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds,lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde,d’un homme médiocre échappé.
Victor HUGO,
« Napoléon, le petit »
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