mardi 31 mai 2011

La médiation familiale est-elle magique ?

A voir d'abord : "les mots retrouvés"
A lire aussi :
Médiation familiale et Justice


Cela commence par un père fâché avec ses deux fils de 20 et 24 ans. Il avait attaqué devant la Justice leur mère pour pouvoir leur verser directement leur pension alimentaire. Il prétendait qu'elle gardait une partie de l'argent pour elle.

Deux heures de tête-à-tête en présence des médiateurs. Le fils ne comprend pas que son père ait pu prétendre dans ses conclusions devant le juge qu'il mettait toujours la même paire de chaussures — ce qui était vrai —, mais que c'eût pu être utilisé comme un argument à charge contre sa mère. À vingt ans, il pouvait bien porter les chaussures qu'il voulait !

C'est vrai reconnaît le père, l'argument était mauvais !

Non seulement l'argument était mauvais, mais il a failli fâcher définitivement le père et ses fils pour une paire de chaussures.

Au bout de deux heures, le litige est réglé, la réconciliation bien entamée.

Cela continue par une femme qui s'est fait voler ses bijoux, emprunter de l'argent jamais remboursé, par un mari qui a vécu 6 ans à ses crochets. Une belle histoire d'amour qui finit en calvaire. Déjà 18 mois de procédure, et la perspective d'un divorce conflictuel, suivi de longues procédures civiles pour récupérer ses biens. Six ou dix ans pour terminer, six ou dix ans de contrariétés et de frais.

Deux séances en présence des médiateurs et la perspective d'un divorce amiable, concrétisé quelques semaines plus tard.

On pourrait continuer.

La médiation est-elle magique ?

Non, au contraire de la Justice, la médiation n'est seulement pas sacrée.

Aller en justice, c'est demander à la Société de reconnaître que l'on a raison. Au-delà de la solution au conflit, le justiciable cherche une consécration. Pour cela, il faut nécessairement que l'autre ait tort, et tout est bon pour le prouver.

Dans un divorce conflictuel, le moment le plus difficile est de lire les conclusions de la partie adverse — parce que l'on est nécessairement adversaires. L'ardente obligation d'avoir raison en droit amène à des abus insensés.

Si l'on ne veut pas concéder la résidence alternée, il faut prouver que l'autre est un mauvais parent, ce que l'on n'avait jamais imaginé avant. La logique du droit, logique de la preuve implacable, entraîne le flot des témoignages de complaisance.

La machine infernale est lancée.

Au contraire, la médiation, c'est la recherche de la solution consensuelle. Personne n'a raison, ni tort, pas de gagnant ni de perdant. Une solution, qui est la bonne solution, parce qu'elle convient aux deux.

Une solution produite par les deux. Une mère qui loue à ses frais une chambre à Grenoble pour que le père de ses enfants, qui habite Paris, puisse les voir à sa guise. Un calendrier de résidence alternée qui panache des périodes de 12 jours avec des périodes de 9 jours. Des solutions inimaginables par d'autres, que les parents ensemble.

Et le médiateur.

Le médiateur, il modère, il apaise, il reformule, il suggère.

Une tension permanente vers la solution consensuelle.

Une ligne bleue à l'horizon, l'accord qui viendra parachever le conflit.

Louée par certains, décriée par d'autres, la médiation familiale progresse parce que ses résultats incontestables sont là. Même si le succès n'est pas certain, le taux de réussite dépasse les 50 %. Et les 50 % de gagnés ce sont de longs mois de familles déchirées, d'enfants otages de batailles rangées.

Alors, derrière la médiation familiale, la médiation devrait s'emparer de la justice civile. La justice prud'homale, le partage des biens, pour ne citer qu'eux sont autant de domaines où la médiation apporterait les mêmes bénéfices que dans la médiation familiale.

lundi 30 mai 2011

Les trois crimes

DSK a commis trois crimes :

Un crime politique

Avec ses antécédents en matière de relations avec les femmes, il devait être irréprochable. Quelle que soit sa culpabilité pénale, sa faute politique est inexcusable, et tous ceux qui l’ont soutenu ont raison de lui en vouloir : il les a trompés. Tout homme politique est le seul responsable de son image. A lui d’éviter qu’elle ne soit ternie.

Un crime sexuel.


Aux Etats-Unis, « sodomy » ne désigne pas seulement la pénétration anale. Dans les expressions comme « sodomy law », loi qui régit les pratiques acceptées ou interdites dans tel ou tel État américain, il faut comprendre « sodomy » comme pratique sexuelle jugée déviante, parmi lesquelles, outre la sodomie pouvaient être comptés la fellation et le cunnilingus. Ces lois, le plus souvent, sont des manières d’interdire l’homosexualité.

En 2003, la Cour suprême des États-Unis a déclaré anticonstitutionnelles les lois de certains États fédérés contre la sodomie. Elles violent le XIVe amendement de la constitution qui protège la vie privée et la liberté des citoyens américains.

Treize États fédérés, situés surtout dans le sud du pays, pratiquaient jusqu’alors des lois contre la sodomie entre adultes consentants, dont quatre condamnaient aussi les fellations : le Texas, le Kansas, l’Oklahoma et le Missouri.

La décision de la Cour suprême n’a pas été mise en place dans les lois locales.
La fellation, même consentante, est une faute pénale dans quatre Etats américains.

Cela explique peut-être mieux certaines réactions.

Les Etats-Unis sont un immense pays, prude et homophobe, qui pourrait s’introspecter d’abord avant de tancer le Monde.

Il a peut-être commis un crime pénal

Peut-être, car, seule, une preuve objective de l’absence de consentement de la victime, pourrait qualifier le crime. Or, on n’a pour l’instant invoqué aucun élément permettant d’établir une trace de violence sur la victime.

L’amalgame est la facilité, il est dans la nature humaine.

C’est ce que pratique le Procureur de New-York qui n’instruit qu’à charge et ne vise que sa carrière politique.

Où sont les voix qui s’élevaient pour défendre le Juge d’instruction, magistrat neutre, qui instruit à charge et à décharge ?

La condamnation pénale de DSK punirait en même temps les trois crimes, la morale serait sauve.

Au-delà du sentiment de dégoût et de gâchis que m’inspire DSK, je m’obstine à défendre la Justice.

Politiquement incorrect

DSK est maintenant vomi à la hauteur de ce qu’il a été adulé.

Quitte à être politiquement incorrect, pouvons-nous faire abstraction des jugements affectifs ou moraux et raisonner sur des faits ?

On sait maintenant que la question centrale de sa culpabilité est l’élément intentionnel de la femme de ménage.

Est-on en capacité de découpler l’intention de cette femme de tout jugement que l’on pourrait porter sur elle ?

Nous avançons ici un scénario –qui n’est qu’une hypothèse parmi 1000- dont la vertu est de montrer que la femme de ménage peut avoir été consentante, sans avoir été une «mauvaise femme». Et que l’acte peut lui avoir fait horreur à posteriori.

Il ne s’agit pas de défendre DSK, il s’agit de dire que sa culpabilité pénale n’est pas avérée par les faits connus, et que la présomption d’innocence –sur la qualification pénale de viol- doit encore jouer en sa faveur.


Hypothèses

La femme de ménage est une brave femme sans arrière pensée

La relation sexuelle a eu lieu


Le scénario possible des dernières minutes

Sa chef demande à la femme de ménage d’aller nettoyer le salon et la salle à manger, qui sont indépendants de la chambre. On ne fait le ménage dans la chambre, qu’après le check-out et à deux femme de ménage, en coinçant la porte avec le chariot.

Elle y rencontre le garçon d’étage, qui débarrasse le petit déjeuner qui lui dit : « Il vient de sortir, je n’ai pas la clé, rends-moi service, va me chercher une tasse sale dans la chambre ».

Bien qu’elle n’ait pas à recevoir d’ordres du garçon d’étage, elle entre dans la chambre, et avance, sans être surprise par les affaires, car elle sait qu’il n’a fait que sortir un instant.

A ce moment là, il sort de la douche nu, et se trouve nez à nez avec elle.

Elle n’avait pas à entrer dans la chambre, elle a commis une faute, pace que le garçon d’étage lui a dit qu’il était sorti. Elle peut se faire virer…sauf si.


Sur l’élément intentionnel

« Ici, on peut virer son salarié à n’importe quel moment sans explication ou presque sauf lorsqu’il y a une affaire de harcèlement sexuel ».

A-t-elle tenté sa seule chance de s’en sortir ?

L’élément intentionnel qui la conduit au consentement peut-être la peur du licenciement.

Elle se donne par peur, mais, peut-être parce que l’acte a été au-delà de ce qu’elle croyait, cela lui fait horreur.


Y-a-t-il eu manipulation ?


Eléments objectifs pour :

C’est le Directeur de l’hôtel qui surclasse DSK
La femme de ménage a été affectée la veille à cette chambre
L’informateur Twitter, alors que personne ne sait qu’il est arrêté

Elément subjectifs pour :

La survenance de l’évènement totalement improbable (trouver une femme en face de soi quand on sort nu de la douche), sur la personne que ça pouvait déstabiliser (on connaît ses antécédents), au moment où il fallait l’éliminer.

Argument contre la manipulation

Elle impliquerait la complicité de 3 personnes de l’hôtel : le Directeur, le garçon d’étage, sa chef, et un équipement de la chambre pour garantir la synchronisation parfaite.

jeudi 26 mai 2011

Le mystère de la chambre double s'éclaircit

Lire d'abord "Le mystère de la chambre double"

La preuve la plus évidente qui discrédite la femme de chambre, mais qui ne permet pas de débusquer un éventuel coup monté, c’est sa motivation à entrer dans la chambre.

Car, s’il est clair qu’on lui a dit de nettoyer la suite, il ne s’agissait que du salon et de la salle à manger qui sont indépendantes, et non de la chambre, pour deux raisons :

- Les femmes de chambre nettoient les chambres à deux, car elles ne peuvent faire le grand lit seules.

- Les hôtels sont particulièrement pointilleux de ne pas envoyer le ménage avant le check-out

Deux hypothèses :

- Soit elle décide seule d’entrer dans la chambre, mais pour quelle raison ? Elle travaille depuis trois ans dans l’hôtel, elle connaît les procédures.

- Soit elle est manipulée par le garçon d’étage, qui lui demande de récupérer quelque chose dans la chambre où il ne peut entrer.


Dans les deux cas, tombant devant l’homme nu, elle a peur d’être licenciée, et il en profite pour la rassurer.

En toute logique, la défense devrait minimiser l’influence du garçon d’étage, pour montrer qu’étant rentrée sans raison, elle ne pouvait avoir que de mauvaises raisons.

N’oublions pas qu’il suffit de convaincre 1 seul membre du jury pour gagner. L’argument est assez fort.

Pour moi, l’hypothèse d’une manipulation de la naïve, notamment via le garçon d’étage, reste plausible.

mardi 24 mai 2011

Le mystère de la chambre double

Au-delà de la qualification criminelle ou morale des actes commis par DSK, qui sont de toutes façons impardonnables, chaque jour révèle des indices nouveaux sur l’énigme, relativement indépendante, de savoir si une force extérieure a essayé de manipuler les faits.

Cette question pourrait avoir des incidences politiques.

D’emblée, nous écarterons toute possibilité pour la femme de chambre d’avoir manipulé la situation.

Une telle hypothèse est trop dangereuse pour l’éventuel manipulateur, car elle éclaterait irrémédiablement à l’instruction. D'autre part, une femme trop séductrice aurait attiré la méfiance de l'intéressé.

La femme de ménage est donc vraisemblablement candide. Nous retiendrons comme plausible que sa culture peule, l’ait amené à subir les assauts, sans manifester la moindre révolte, et que ce n’est qu’après, pendant l’heure qui a suivi les faits, que la prostration a engendré le besoin, spontané ou non, de dénonciation (besoin qui pourrait la faire exclure de sa communauté, tant le rôle des femmes y est abaissé, au point d'y considérer le viol comme naturel et sa dénonciation criminelle)

Si manipulateur il y a, il a agi à 4 niveaux :

- En choisissant une femme résignée par culture.

- En faisant changer d’étage la femme de chambre, la veille du jour, et en lui désignant la chambre

- En introduisant un garçon d’étage dans la suite, pour signaler à la femme de chambre qu’elle pouvait y aller

- Au moment de la décision d’appel à la police (appel réalisé par le Directeur de l’hôtel)

En publiant le plan de la suite, le Parisien, a délivré une clé importante :

La suite est séparée en deux par un couloir, et une porte fermée (à clé probablement)isole la chambre et la salle de bains du salon et de la salle à manger.

Le garçon d’étage était dans le salon, il n’avait pas à entrer dans la chambre. Il fait entrer la femme de ménage dans le salon et la prévient que la chambre est vide. Conforté par le garçon d'étage, elle peut entrer sans précaution particulière, au moment précis où DSK sortait de la douche.

Question : Comment le garçon d'étage savait-il que la chambre était vide ?


Le hasard existe.

Une des formes du hasard c'est la rencontre du besoin et de sa satisfaction. C'est ce que l'on voit surtout dans les dessins animés et les films d'aventure, moins souvent dans la vie. Cette rencontre est ici patente :

1- On cherche à descendre DSK en s'appuyant sur son penchant, probablement maladif, pour les femmes (il le dit lui-même)

2- Pour des raisons évidentes, on doit le coincer aux Etats-Unis, où il ne séjournera plus que ponctuellement à partir du moment où il sera candidat.

3- A ce moment précis, il rencontre une femme, apparemment candide et consentante par culture, à la seconde où il sort nu de sa douche, dans un hôtel où l'on paye -cher- sa tranquillité

Hasard ou nécessité?

En tous cas,la manipulation, si elle était avérée, entacherait ses auteurs, sans disculper l'intéressé de son comportement inexcusable.

mercredi 4 mai 2011

Peut-on concilier lutte contre l'islamophobie et lutte contre l’intégrisme religieux ?

Au cœur des valeurs républicaines se trouve la défense des droits de l’homme notamment ceux issus de la Révolution Française qui sont consignés dans la Convention Européenne des Droits de l’Homme qui a valeur constitutionnelle.

Une liberté importante est la liberté religieuse, et l’exercice de la liberté religieuse, de toutes les religions, suppose que l’Etat ne soit inféodé d’aucune façon à aucune d’elles, c’est ce qui s’appelle la laïcité, et est inscrit dans notre Constitution.

Le terme « laïcité » a été perverti par tous ceux qui ont essayé de l’instrumentaliser. On doit s’en tenir à sa stricte définition : la neutralité de l’espace public et de l’Etat qui assure la liberté des consciences.

La liberté des consciences, c’est que chacun puisse être libre des ses choix religieux ou philosophique, sans que s’exerce sur lui une pression visant à le contraindre.

Tout au contraire, l’intégrisme vise à dicter leur conduite aux personnes au nom de normes extra-légales. C’est la plus grande des entraves à la liberté de conscience. La neutralité de l’espace physique et de l’Etat, est une barrière contre l’intégrisme.

L’introduction dans notre corpus juridique de dispositions spécifiques à telle ou telle religion, comme tout dispositif qui viserait à rendre publique l’appartenance religieuse, favoriserait l’intégrisme, en contraignant la personne à des choix préétablis.

A l’exception de la parenthèse pétainiste, notre République a su défendre ses valeurs fondamentales de liberté, en s’appuyant sur les textes en vigueur. Rien n’indique qu’il faille changer la ligne.

Avec l’accroissement de l’immigration musulmane en Europe de l’Ouest, et l’apparition de la 2ième puis 3ième génération de musulmans en Europe, la théorie de la « Charia parallèle » est apparue, à mi-chemin des formes traditionnelles et radicales. La « Charia parallèle » revendique dans les pays d’immigration, un droit différent pour les musulmans. Mais, contrairement au radicalisme, ce droit différent est limité aux lois personnelles, familiales et financières.

La « Charia parallèle » est un compromis, qui peut-être perçu comme acceptable par certains intellectuels européens, mais qui est en fait une première étape vers de revendications plus radicales.

L’introduction de lois différentes, entraîne l’apparition de leaders politiques qui peuvent radicaliser la situation. La situation en Allemagne est à cet égard significative.

« Les Frères Musulmans » ont parrainé la construction de l'imposant centre islamique de Münich en 1960 Aidés par de larges donations de dirigeants du Moyen Orient tels le roi Fahd d'Arabie Saoudite. Le ministre de l'intérieur de Rhénanie du nord –Westphalie déclare que le centre islamique de Münich a été l'un des quartiers généraux européens des « Frères » depuis sa fondation. Le centre publie un magazine, Al Islam, dont les efforts, sont financés par la banque al-Taqwa. Selon le ministre de l'intérieur du Bade-Wurtemberg, Al – Islam montre explicitement comment les « Frères Musulmans allemands » rejettent le concept d'état laïc. Son numéro de février 2002, par exemple, déclare :

« Dans le long terme, les Musulmans ne pourront se satisfaire de l'acceptation de la loi de la famille allemande, du sol, et du tribunal… Les Musulmans doivent avoir pour objectif un agrément entre les Musulmans et l'état allemand avec pour but une juridiction séparée pour les Musulmans. »

L'un des premiers pionniers des « Frères Musulmans » en Allemagne était Saïd Ramadan, le secrétaire personnel du fondateur des « Frères Musulmans » Hassan al Banna . Ramadan, un égyptien qui dirigea les irréguliers des « Frères Musulmans » en Palestine en 1948 partit à Genève en 1958 et fréquenta l'école de Droit de Cologne en Allemagne, il fonda ce qui est devenu l'une des trois principales organisations musulmanes en Allemagne, the « Islamische Gemeinschaft Deuschland (IGD) » (Société Islamique d'Allemagne) qu'il présida de 1958 à 1968. Cette relation privilégiée avec le royaume riche en pétrole assura à Ramadan un afflux d'argent, qu'il utilisa pour financer le puissant centre islamique de Genève (CIG) et alimenter les comptes de plusieurs activités financières et religieuses. Hani Ramadan, fils de Saïd, dirige actuellement le centre de Genève. Parmi les autres membres du conseil d'administration figure l'autre fils de Saïd, Tariq Ramadan.

Milli Gorüp, qui compte 30.000 membres et peut-être 100.000 sympathisants de plus revendique la défense des droits de la population turque immigrée en Allemagne, pour leur donner une voix dans l'arène politique démocratique en « préservant leur identité islamique ». Mais Milli Gorüb a un autre objectif. Alors qu'il proclame publiquement son intérêt pour le débat démocratique et sa volonté de voir les immigrants turcs intégrés dans les sociétés européennes, quelques dirigeants de Milli Gorüb ont exprimé leur mépris pour la démocratie et les valeurs occidentales.

L'IGD et Milli Görüb s'efforcent d'augmenter leur influence politique et de devenir les représentants officiels de toute la communauté musulmane allemande.

Avec des budgets bien dotés, leurs mosquées procurent des services sociaux, organisent des conférences, et distribuent de la littérature dans tout le pays. Comme l'Office de Protection de la Constitution en Hesse le note :

« La menace de l'islamisme pour l'Allemagne est posée… d'abord par Milli Görüþ et d'autres groupes affiliés. Ils tentent de répandre les vues islamistes dans les limites de la loi. Puis ils essaient d'appliquer… pour tous les Musulmans en Allemagne, une stricte application du Coran et de la sharia… Leur soutien public de la tolérance et à la liberté religieuse doit être traité avec prudence".

En France, les prédicateurs salafites sous l’égide de Taricq Ramadan, dévoient la laïcité pour demander des lois particulières pour les musulmans :

« Du fait de son Histoire et de son système juridique laïque, on aurait pu s’attendre à ce que la France reconnaisse qu’un certain nombre de normes dites « neutres » sont en fait directement issues de l’Histoire chrétienne, et sont aujourd’hui devenues, sans qu’on le veuille, indirectement discriminatoires pour ceux qui ont d’autres références. »

Ils se situent intégralement dans la lignée de la charia parallèle.

On s’aperçoit ainsi que les chemins de l’intégrisme passent systématiquement par la revendication de lois spécifiques, notamment en ce qui concerne les affaires personnelles, familiales et financières.

La laïcité vraie, c'est-à-dire le refus de lois différentes pour les communautés religieuses, est certainement un des meilleurs remparts contre l’intégrisme.