Les ambitions personnelles sont-elles de nouveau en train de diviser le PS ?
Dominique Strauss-Kahn ne peut viser que 2017, puisqu’il a déclaré vouloir terminer son mandat au FMI, fin 2012. Il peut même espérer un deuxième mandat au FMI, mandat qu’il peut interrompre éventuellement, en fonction de la situation, soit en 2015, pour devenir Premier Ministre, si la gauche a le pouvoir en 2012, soit en 2016, pour les primaires socialistes.
Son maintien en tant que candidat non-déclaré, vise essentiellement à augmenter sa popularité dans la perspective de l’élection de 2017, et subsidiairement à protéger Martine Aubry. Dominique Strauss-Kahn peut devenir l’héritier spirituel de Jacques Delors, le candidat parfait, s’il avait été candidat, ce qu’il n’a pas voulu être.
Martine Aubry vise, elle aussi, 2017. Elle se trouve bien à la tête du Parti pendant encore cinq ans, surtout qu’elle ne donne que peu de chances à la gauche de battre Sarkozy. Elle pourrait se satisfaire de n’être que le Premier Ministre de Dominique Strauss-Kahn en 2017. En 2012, elle doit donner l’impression de ne pas se présenter aux primaires par calcul, mais dans l’intérêt du Parti. Tant que Dominique Strauss-Kahn hésite, elle est protégée. Au-delà, il faut que le candidat issu des primaires ne gêne pas son accord avec Dominique Strauss-Kahn en 2017.
Car là est le problème de Martine Aubry, trouver un candidat aux primaires, suffisamment crédible pour justifier son désistement au nom de l’intérêt du Parti, et pas trop encombrant pour l’élection suivante. L’idée de prendre Ségolène Royal, si elle est contre nature, n’est pas absurde, car elle aurait sans doute du mal à se remettre d’une deuxième défaite.
Ségolène Royal, vise aussi 2017, car, sur les traces de Mitterrand, elle pense à trois défaites pour arriver. Elle est prête à assurer une candidature risquée pour 2012. Elle se serait probablement désistée pour Martine Aubry, si celle-ci était loin devant elle dans l’opinion.
L’accord paraissait solide, chacun y trouvait son intérêt, pourquoi Ségolène Royal semble avoir tout cassé ?
D’abord, est-ce elle qui a rompu le « pacte » ? Ce sont Dominique Strauss- Kahn qui, en annonçant assez clairement qu’il restera au FMI jusqu’à fin 2012, puis Martine Aubry, qui mentionne le pacte à trois, qui poussent Ségolène Royal à anticiper une candidature, confortée par le faible écart dans les sondages avec Martine Aubry.
En renommant François Fillon au gouvernement, Nicolas Sarkozy aurait-il retiré à la gauche une chance raisonnable de gagner en 2012, et incité Martine Aubry à anticiper son mouvement de non-présentation?
L’introduction du quinquennat a complexifié les jeux politiques. Autant il était long d’attendre sept ans, autant cinq ans sont d’autant plus vite passés que la campagne redémarre au bout de trois ans et demi.
Chacun a sa stratégie, et les électeurs n’y comprennent plus rien.
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