Dominique Strauss-Kahn a dû déjà repasser mille fois dans sa tête ce passage de son possible duel télévisé avec Nicolas Sarkozy avant le deuxième tour des présidentielles 2012 : « Monsieur Strauss-Kahn, quand on accepte des responsabilités internationales aussi importantes que celles que l’on vous a confiées, on ne s’échappe pas au milieu de la crise ».
Dominique Strauss-Kahn sait qu’il ne peut pas quitter au bout de trois ans et demi son mandat de cinq ans et qu’il doit assumer le sauvetage de l’euro jusqu’au bout. Il peut, certes, profiter de la situation pour négocier au mieux son deuxième mandat, et éventuellement lâcher son poste au bout de huit ans et demi, si la période est calme, pour se présenter à la présidentielle Française en 2017. Il n’aura que 68 ans !
On doit donc prendre au sérieux sa déclaration à un journal allemand d’aller jusqu’au bout de son mandat au FMI en 2012, et Ségolène Royal a été la première à réagir en présentant sa candidature aux primaires, rompant ainsi le pacte à trois.
Doit-on interpréter le souhait récent de Daniel Cohn-Bendit pour une finale Sarkozy/DSK, comme un coup de poignard dans le dos de ses amis, ou plutôt, comme un de ces pieds de nez, dont Dany le rouge est coutumier ?
Si le projet de Martine Aubry est d’être le Premier Ministre de Dominique Strauss-Kahn, elle doit consolider le parti et changer le mode de désignation des candidats avant 2017.
Contrairement à nombre de compétiteurs qui peuvent se présenter aux primaires pour « prendre date », si Martine Aubry se présente, elle doit gagner, sinon elle risque de perdre le premier secrétariat du parti. Or, pour gagner, elle doit aller « balayer large », pour chercher au deuxième tour, une partie des voies du centre qui ne lui sont pas naturellement acquises, et qui se seraient portées sur Dominique Strauss-Kahn. On peut penser que, non seulement, elle répugne à le faire, mais qu’elle ne s’y sente aucun talent particulier.
L’autre écueil est de pouvoir passer au premier tour des primaires, pour rassembler largement le parti derrière soi. Il n’est pas sûr que Martine Aubry dissuade quiconque de ne pas se présenter pour mesurer son influence en vue du prochain congrès. Si Benoît Hamon a fait acte de demi-candidature en faisant savoir qu’il se présenterait contre Dominique Strauss-Kahn, rien ne dit qu’il ne se présentera pas contre Martine Aubry. Or il peut compter sur les votes des « sympathisants » hostiles à une dérive sociale-démocrate du PS.
Le chemin qui conduit Martine Aubry jusqu'à la candidature aux primaires est semé d'embûches. C'est bien ce qu'a anticipé Laurent Fabius, qui en cher Camarade, s'est porté garant de l'unité du Parti en déclarant qu'il ne serait candidat que si, ni Martine Aubry, ni Dominique Strauss-Kahn ne se présentaient. Il a ajouté que pour devenir Président, il faut avoir « l'expérience, le projet et l'envie ».
Fait-il déjà acte de candidature ?
DSK a dit il n'y a pas si longtemps "la France c'est loin et c'est petit", on imagine ! Mais il ne reviendra pas car la crise n'est pas derrière et il ne pourra pas revenir sans avoir fait au mieux sont travail, dont sauver l'euro ! Et conserver pas mal d'avantages par la même occasion.
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