lundi 27 décembre 2010

Exclusif: Le Monde fusionne avec L'Equipe

La fusion est déjà faite, il suffit de lire la première page de la version Internet du Monde :

Andres Iniesta exulte après son but décisif en finale de la Coupe du monde 2010. Le joueur du Barça est tout proche de l'attribution du Ballon d'or.
2010, une année de football

Beau spectacle et bénéfices, le modèle de la Bundesliga, LE MONDE 15:40
Que les ligues européennes aient les mêmes règles du jeu LE MONDE 15:40
Pendant la période de Noël, la Premier League célèbre la fête du football LE MONDE

Edition abonnés
Yoann Gourcuff, le 14 novembre.
Contre-enquête La Ligue 1 est-elle au niveau des grands championnats européens ?
* Qui propose le meilleur spectacle ?
* La Bundesliga est-elle l'exemple à suivre ?


Le Monde s'est laissé envahir par le football, parce que le football c'est de l'information abondante et à bas prix qui attire les consommateurs et donc la publicité.

Après l'entrée de M. Niel au capital du Monde, qui a fait fortune dans le minitel coquin, on peut s'attendre à tout, et pourquoi-pas le rachat d'un site de paris sportifs?

jeudi 23 décembre 2010

Docteur Strauss et Mister Kahn

Par AFP, publié le 19/12/2010:
Strauss-Kahn candidat aux primaires PS : "Ca chemine positivement" pour Le Guen

19/12/2010 à 15h38
DSK candidat? «Ça chemine» selon Fabius

Par AFP, publié le 16/12/2010 :
La question sur sa candidature lui a été posée une deuxième fois le même jour, lors d'un entretien télévisé qui devait être diffusé jeudi soir sur la chaîne PBS aux Etats-Unis. "Ce n'est pas mon problème aujourd'hui. Même si 2012 comme vous le dites n'est pas éloigné, 2012 c'est 2012. Aujourd'hui j'ai un métier, il faut que je le fasse, je ne peux pas dire que ce soit un métier à temps partiel, donc vraiment je me concentre là-dessus", a-t-il insisté.

Le mystère sur la candidature Strauss-Kahn, arrange surtout Martine Aubry, qui peut se déclarer le plus tard possible. Donnée aujourd'hui à 23% au premier tour, elle est créditée de 55% contre Nicolas Sarkozy, mais Ségolène Royal a fait presque 26% au premier tour 2007, pour venir perdre à 47%.

L'équation est toujours au Centre: les intentions de vote de droite et d'extrême droite au premier tour de 2012, sont à 42%, stables par rapport au résultat du premier tour 2007. Les intentions sur Bayrou + Borloo sont à 13,5% des voix, contre 18,5% à Bayrou au premier tour. C'est le très fort report de Bayrou sur Sarkozy en 2007 qui l'a fait gagner haut la main!

En ne nommant pas Borloo sous la pression des députés UMP, Sarkozy a probablement perdu en perspectives immédiates, mais c'est un fin tacticien, et il lui reste 18 mois de manœuvres. M. Borloo, n'est pas devenu subitement anti-sarkozyste, comme le prouve la nomination de la très populaire Rama Yade à l'Unesco.

Martine Aubry sait que son avenir présidentiel se joue au centre, et que pour y aller, il lui faut un joker. Peut-être peut-on écouter la pythie, oracle de Melle, qui nous a déjà donné quelques indices. En déclarant que Dominique Strauss-Kahn pourrait être son Premier Ministre, ne nous dévoile-t-elle pas un élément clé du pacte?

En juin 2012, Dominique Strauss-Kahn est à 4 mois de la fin de son mandat au FMI. Si Martine Aubry est en position favorable pour gagner, il peut accepter entre les deux tours le poste de Premier Ministre qui lui ouvrirait la présidentielle 2017.

Pour la première fois aux présidentielles, un des joueurs joue à jeu fermé sur deux mandatures.

Une grande partie s'annonce!

lundi 20 décembre 2010

Ce cher Camarade

Dominique Strauss-Kahn a dû déjà repasser mille fois dans sa tête ce passage de son possible duel télévisé avec Nicolas Sarkozy avant le deuxième tour des présidentielles 2012 : « Monsieur Strauss-Kahn, quand on accepte des responsabilités internationales aussi importantes que celles que l’on vous a confiées, on ne s’échappe pas au milieu de la crise ».

Dominique Strauss-Kahn sait qu’il ne peut pas quitter au bout de trois ans et demi son mandat de cinq ans et qu’il doit assumer le sauvetage de l’euro jusqu’au bout. Il peut, certes, profiter de la situation pour négocier au mieux son deuxième mandat, et éventuellement lâcher son poste au bout de huit ans et demi, si la période est calme, pour se présenter à la présidentielle Française en 2017. Il n’aura que 68 ans !

On doit donc prendre au sérieux sa déclaration à un journal allemand d’aller jusqu’au bout de son mandat au FMI en 2012, et Ségolène Royal a été la première à réagir en présentant sa candidature aux primaires, rompant ainsi le pacte à trois.

Doit-on interpréter le souhait récent de Daniel Cohn-Bendit pour une finale Sarkozy/DSK, comme un coup de poignard dans le dos de ses amis, ou plutôt, comme un de ces pieds de nez, dont Dany le rouge est coutumier ?

Si le projet de Martine Aubry est d’être le Premier Ministre de Dominique Strauss-Kahn, elle doit consolider le parti et changer le mode de désignation des candidats avant 2017.

Contrairement à nombre de compétiteurs qui peuvent se présenter aux primaires pour « prendre date », si Martine Aubry se présente, elle doit gagner, sinon elle risque de perdre le premier secrétariat du parti. Or, pour gagner, elle doit aller « balayer large », pour chercher au deuxième tour, une partie des voies du centre qui ne lui sont pas naturellement acquises, et qui se seraient portées sur Dominique Strauss-Kahn. On peut penser que, non seulement, elle répugne à le faire, mais qu’elle ne s’y sente aucun talent particulier.

L’autre écueil est de pouvoir passer au premier tour des primaires, pour rassembler largement le parti derrière soi. Il n’est pas sûr que Martine Aubry dissuade quiconque de ne pas se présenter pour mesurer son influence en vue du prochain congrès. Si Benoît Hamon a fait acte de demi-candidature en faisant savoir qu’il se présenterait contre Dominique Strauss-Kahn, rien ne dit qu’il ne se présentera pas contre Martine Aubry. Or il peut compter sur les votes des « sympathisants » hostiles à une dérive sociale-démocrate du PS.

Le chemin qui conduit Martine Aubry jusqu'à la candidature aux primaires est semé d'embûches. C'est bien ce qu'a anticipé Laurent Fabius, qui en cher Camarade, s'est porté garant de l'unité du Parti en déclarant qu'il ne serait candidat que si, ni Martine Aubry, ni Dominique Strauss-Kahn ne se présentaient. Il a ajouté que pour devenir Président, il faut avoir « l'expérience, le projet et l'envie ».

Fait-il déjà acte de candidature ?

jeudi 16 décembre 2010

Gare aux baudruches

Le développement exponentiel des média, internet et télévision, notamment, a eu pour corollaire immédiat un appel d’air considérable pour de l’information de toute sorte, spectaculaire si possible.

Le football, en particulier, et les sports en général ont permis de remplir une partie des espaces vides générés par la multiplicité des canaux. Il y a des matches de football tous les jours, des dizaines de fois par jour, et chaque minute du match, chaque but, créé, non seulement un évènement, mais génère de multiples commentaires, analyses ou spéculations.

Si l’on peut dire que la nature a horreur du vide, la glose footballistique, a empli l’espace médiatique jusqu’à saturation. La généralisation des paris ne pourra qu’amplifier encore le phénomène, si tant est qu’il soit encore amplifiable. Même si l’on s’intéresse au football en tant que sport, la quasi-totalité de ce verbe peut être sans risque classé dans du parler pour ne rien dire.

Sans doute pour satisfaire son public, la télévision multiplie les reportages de début de journal sur des relations d’évènements dramatiques, sur lesquels, dans la plupart des cas, on ne sait pas grand-chose. La plupart du temps, il faudrait attendre quelques heures pour pouvoir aborder quelques débuts d’explications. Cela n’est pas un problème : on va demander son avis à un quidam qui passait par là et qui peut apporter une opinion qui ne contribue en rien à la compréhension du sujet. Il parle pour ne rien dire.

Même les grands journaux sont amenés à parler pour ne rien dire. Un titre ronflant sur un sujet qui a été en vogue permet d’attirer un lectorat nombreux : « Réconciliation des Bettencourt : à qui profite l’accord ? », On y apprend, ce que l’on savait déjà. Les choses allaient entrer dans la norme familiale : la famille de la fille, héritière unique, allait prendre la place qui lui revenait, en anticipation, d’un dégagement prévisible de la mère. Seule grande surprise de l’article, on oublie de dire que l’accord profite surtout à la famille qui sort largement grandie du faux pas où elle s’était enlisée.

Notre économie du tout numérique doit inventer de plus en plus de contenus pour remplir les contenants. Puissent ces contenus ne pas être de pures baudruches !

mercredi 15 décembre 2010

L'homme qui aura le plus marqué l'année

Un jour ordinaire, un journal « Le Monde », ordinaire.

La « Reine Christine » est fragilisée dans une histoire d’espionnage interne à France 24. Une motion de défiance pourrait être votée à son encontre dans les heures qui viennent. C’est une affaire d'espionnage qui secoue l'Audiovisuel extérieur de la France.

L'ancien ministre Albin Chalandon a été placé en garde à vue dans le cadre de l'affaire Visionex. Il est soupçonné d'avoir intercédé auprès de Michèle Alliot-Marie pour obtenir les autorisations d'exploitation de bornes Internet permettant des paris clandestins.

Selon le Canard Enchaîné, Rachida Dati a demandé en juillet 2008, quand elle était garde des sceaux, la fin des investigations du juge d'instruction dans l'affaire Visionex.

Obama aurait perdu le contrôle des Etats-Unis : Les dernières semaines forcent de poser la question de ce que la Maison Blanche peut encore réaliser. Cette question est d’autant plus lancinante que nous entrons dans une zone de turbulences assez sérieuses sur à peu près tous les fronts de l’économie.

Le Monde : Éric Fottorino évincé. Cela n'a pas traîné. Un mois et demi après leur arrivée officielle,les nouveaux actionnaires ont gagné leur bras de fer engagé contre le duo Eric Fottorino et David Guiraud qui dirige le groupe Le Monde depuis deux ans.

François Fillon admet ne "pas avoir été bon" sur la neige. Le nouveau gouvernement devait être, dixit certains ministres maintenus en poste, un gouvernement "anticouacs". Avec des "costauds", dotés d'une "parole sûre". Las, l'épisode neigeux de la semaine passée a été l'occasion des premiers dérapages. A Matignon, nul ne souhaite rééditer ces glissades incontrôlées. Devant les députés, mardi, lors de la réunion de groupe de l'UMP, François Fillon s'est même livré à un mea culpa. "On n'a pas été très bons en termes de communication sur ce sujet, a-t-il reconnu.

François Fillon aura-t-il ainsi inscrit un avantage décisif pour être « l’homme qui a le plus marqué l’année 2010 », selon un sondage en cours dans le journal Le Monde. ?

Plusieurs de ses adversaires redoutables ont déjà été éliminés au fil des jours. On n’évoque plus ni Sarkozy, ni Borloo ni Strauss-Kahn. Woerth, Kiejman, Metzner et Banier ont été purement et simplement rayés des listes.

François Fillon est déjà nominé dans les huit premiers aux côtés d'Anelka!

Comme tous les jours, il s’attache aux labeurs ordinaires avec application et modestie. Pas d'excentricité, pas de coup médiatique.

Un laborieux qui se coule dans la France profonde et silencieuse.

L’homme qui marque certainement le plus la France par son silence.

lundi 13 décembre 2010

Nicolas Sarkozy sur les traces de François Mitterrand

On se rappelle que si François Mitterrand a été réélu en 1988, c’est qu’il a passé la fin de son septennat, dans une posture impériale, à tacler Jacques Chirac, alors Premier Ministre de cohabitation. Il n’a pas manqué une occasion pour lui montrer qu’il n’était que Premier Ministre, consolidant ainsi sa posture présidentielle, non par l’action, puisque les élections l’avaient dépouillé de l’essentiel du pouvoir exécutif, mais par la réaction.

Dans le même temps, François Mitterrand a émaillé cette période de quelques repères forts comme le premier sommet de la francophonie, l’inauguration du musée d'Orsay ou de l'Institut du monde arabe. La célébration du Millénaire capétien dans la basilique de Saint-Denis venait en écho à la controversée pyramide du Louvre, première touche, depuis des siècles, au travail accumulatif de la lignée royale.

Le duo pharaon/vizir, a marché à merveilles pour permettre la continuité dynastique.

En se laissant imposer François Fillon par son propre parti, Nicolas Sarkozy a innové dans la lecture de la Constitution, et il se retrouve maintenant dans une espèce de cohabitation interne, où il doit trouver ses marques.

Le président Mitterrand avait d’emblée refusé de signer trois ordonnances du gouvernement Chirac, relatives à la privatisation de 65 groupes industriels, à la délimitation des circonscriptions électorales et à la flexibilité du temps de travail. Remarquable mouvement purement tactique, qui posait le Président en défenseur de grands principes, et forçait le Premier Ministre à faire voter les ordonnances par le Parlement.

Nicolas Sarkozy a lui décidé de marquer sa différence en utilisant la polémique déclenchée par son Premier ministre sur les prévisions de Météo France : "Je suis bien conscient des difficultés des automobilistes et des voyageurs qui ont été bloqués pendant de nombreuses heures", a-t-il expliqué en préambule de sa réponse, souhaitant rendre "hommage à tous les fonctionnaires qui ont fait tout ce qu'ils ont pu", prenant le contrepied de François Fillon.

En remettant à sa place François Fillon dans sa fonction d’assurer les transports des français en cas de neige, il marque un point que François Mitterrand n’aurait pas désavoué, même s’il est sans commune mesure avec la manœuvre mitterrandienne. Le coup de semonce vient quand même d’Allemagne, pour bien faire comprendre aux français que, pendant que le premier Ministre ramasse la neige, le Président s’occupe de l’avenir de la France.

Nicolas Sarkozy est dans un merveilleux rôle de composition : le tiendra-t-il encore dix-huit mois ?

mardi 7 décembre 2010

Trois cents millions d’euro : des clichés hors de prix ?

Photographe de talent, M. François-Marie Banier aura exposé au public, pendant deux années, ses multiples clichés en noir et blanc sur la famille Bettencourt.

Certes, la famille Bettencourt en sort éclaboussée, on aura exhumé son passé le plus noir, mais on pardonne beaucoup au succès. Ses parfums de femmes envahissant le monde estompent bien vite les traces grises, çà ou là gravées.

Et puis cette réconciliation impossible entre la mère et la fille, au bout de deux années de tiraillements médiatisés, le renvoi des domestiques indélicats autant qu’enrichis, la mise à l’écart des conseillers malfaisants, viennent à point pour aseptiser le bruit des petites enveloppes subrepticement échangées.

A-t-on trop cher payé pour l’œuvre de M. François-Marie Banier ?

Le golfeur Tiger Woods, le sportif le mieux payé du monde, gagne à lui seul quatre-vingt dix millions d’euros par an. Pour atteindre les trois cents millions, il lui faudrait un peu moins de trois ans et demi de ballades à travers les greens du monde entier. Lui aussi a défrayé la chronique. Ses frasques conjugales ont alimenté les potins américains pendant de longs mois, au point qu’il a failli arrêter de putter. Des informations de presse affirment que sa femme recevrait entre soixante et trois cents millions d’euros pour le divorce.

Trois cents millions, c’est beaucoup plus payé qu’Harrison Ford, l’acteur le mieux payé au monde, qui devrait tourner encore six épisodes des « aventuriers de l'arche perdue » pour égaler Banier. Ce dernier n’avait d’ailleurs gagné qu’un modeste cachet pour jouer dans « L’argent », le dernier film de Robert Bresson, inspiré d’une nouvelle de Tolstoï, mettant en scène un photographe. « L'argent s'installe et circule dans les images du film comme dans notre vie. Moyen de communication dont les hommes civilisés ne peuvent se passer, il renforce entre eux l'incommunicabilité. Il ouvre la voie, mais il barre le chemin. Il ferme visages et cœurs. Il fait de qui le touche un obsédé, un malade, un fou » écrira le critique du film en 1983.

Pourtant, ce que l’opinion publique accepte d’un sportif de très haut niveau, qu’il soit golfeur, footballer ou coureur automobile, ou d’une star de premier plan, elle ne l’admet finalement pas pour un photographe d’art.

Car c’est quand même du grand art que de nous avoir montré, sous tous les angles, avec toutes les lumières et dans toutes les nuances, cette grande bourgeoisie, pour qui l’argent n’a pas plus d’odeur que de valeur, tellement il déborde à flots vers tous les portefeuilles qui s’approchent de près ou de loin d’elle. L’indécence ultime au moment où l’on appelle les petites gens à plus de retenue. Ces petites gens que le photographe va croquer au milieu des manifestations populaires, pour bien nous prouver qu’il n’est finalement qu’un œil à graver les images de toute notre société. Un œil à trois cents millions d’euros.

Nous maugréons contre Banier, le voleur, l’escroc, l’arnaqueur professionnel, mais nous nous sommes régalés, sans payer, du travail du photographe dévoilant, plus vrai que du Chabrol, une peinture, sans égale, de nos élites. Du grand art.

Dans le Tiers Livre, Rabelais nous conte que pour départager le « roustisseur » et le « faquin » qui humait le fumet de son rôt, un citadin de Paris, invite le faquin à payer le rôtisseur du son métallique que produit sa pièce.

Je me suis régalé de ses tirages noir et blanc, devrais-je quelque chose à Banier ? Pour témoigner de son talent, sans attendre le citadin de Paris, je fais ici même don au photographe des droits d’auteur du présent cliché.

mercredi 1 décembre 2010

Chères camarades, cher camarade !

Les ambitions personnelles sont-elles de nouveau en train de diviser le PS ?

Dominique Strauss-Kahn ne peut viser que 2017, puisqu’il a déclaré vouloir terminer son mandat au FMI, fin 2012. Il peut même espérer un deuxième mandat au FMI, mandat qu’il peut interrompre éventuellement, en fonction de la situation, soit en 2015, pour devenir Premier Ministre, si la gauche a le pouvoir en 2012, soit en 2016, pour les primaires socialistes.

Son maintien en tant que candidat non-déclaré, vise essentiellement à augmenter sa popularité dans la perspective de l’élection de 2017, et subsidiairement à protéger Martine Aubry. Dominique Strauss-Kahn peut devenir l’héritier spirituel de Jacques Delors, le candidat parfait, s’il avait été candidat, ce qu’il n’a pas voulu être.

Martine Aubry vise, elle aussi, 2017. Elle se trouve bien à la tête du Parti pendant encore cinq ans, surtout qu’elle ne donne que peu de chances à la gauche de battre Sarkozy. Elle pourrait se satisfaire de n’être que le Premier Ministre de Dominique Strauss-Kahn en 2017. En 2012, elle doit donner l’impression de ne pas se présenter aux primaires par calcul, mais dans l’intérêt du Parti. Tant que Dominique Strauss-Kahn hésite, elle est protégée. Au-delà, il faut que le candidat issu des primaires ne gêne pas son accord avec Dominique Strauss-Kahn en 2017.

Car là est le problème de Martine Aubry, trouver un candidat aux primaires, suffisamment crédible pour justifier son désistement au nom de l’intérêt du Parti, et pas trop encombrant pour l’élection suivante. L’idée de prendre Ségolène Royal, si elle est contre nature, n’est pas absurde, car elle aurait sans doute du mal à se remettre d’une deuxième défaite.

Ségolène Royal, vise aussi 2017, car, sur les traces de Mitterrand, elle pense à trois défaites pour arriver. Elle est prête à assurer une candidature risquée pour 2012. Elle se serait probablement désistée pour Martine Aubry, si celle-ci était loin devant elle dans l’opinion.

L’accord paraissait solide, chacun y trouvait son intérêt, pourquoi Ségolène Royal semble avoir tout cassé ?

D’abord, est-ce elle qui a rompu le « pacte » ? Ce sont Dominique Strauss- Kahn qui, en annonçant assez clairement qu’il restera au FMI jusqu’à fin 2012, puis Martine Aubry, qui mentionne le pacte à trois, qui poussent Ségolène Royal à anticiper une candidature, confortée par le faible écart dans les sondages avec Martine Aubry.

En renommant François Fillon au gouvernement, Nicolas Sarkozy aurait-il retiré à la gauche une chance raisonnable de gagner en 2012, et incité Martine Aubry à anticiper son mouvement de non-présentation?

L’introduction du quinquennat a complexifié les jeux politiques. Autant il était long d’attendre sept ans, autant cinq ans sont d’autant plus vite passés que la campagne redémarre au bout de trois ans et demi.

Chacun a sa stratégie, et les électeurs n’y comprennent plus rien.