samedi 27 novembre 2010

Arme nucléaire et terrorisme : M. Sarkozy boude toujours M. Obama

Dans Le Monde du 21 novembre 2010, l'éditorialiste explique : « Juste avant le début du sommet de l'OTAN à Lisbonne, vendredi 19 novembre, un langage commun a pu être trouvé avec les Allemands. Mais ce n'est qu'une trêve. Les sensibilités nationales sur le nucléaire sont profondes, liées à l'Histoire. Le débat sur l'atome va continuer. Sur ce sujet aussi, l'Europe est hélas divisée. »

Après celui de Londres, le compromis franco-allemand sur le nucléaire, avant le sommet de Lisbonne, a évité d'aborder la question essentielle du domaine de l'utilisation de l'arme. C'est pourtant un point de divergence important entre Paris et Washington.

Le Monde du 23 mars 2008 titrait : « Nicolas Sarkozy recadre la doctrine nucléaire française », et le corps de l’article expliquait : « M. Sarkozy souhaite en revenir aux “fondamentaux” de la doctrine française, indique son entourage, ce qui suppose de laisser planer le doute sur le champ des intérêts vitaux. Le président, explique l'un de ses conseillers, “estime qu'il ne convient pas de détailler à l'excès les hypothèses d'utilisation” de l'arme nucléaire. Il s'agit donc d'un recadrage de la doctrine de dissuasion. »

Ainsi, M. Sarkozy prenait le contrepied de M. Chirac, comme l'article le précisait :

« M. Sarkozy ne reprendra pas à son compte la liste des “intérêts vitaux” énumérée par son prédécesseur, parmi lesquels “la garantie de nos approvisionnements énergétiques ou la défense de pays alliés». Il ne sera pas question d'envisager, comme l'avait fait M. Chirac, une riposte nucléaire contre les “dirigeants d'États qui auraient recours à des moyens terroristes”. Cette indication avait provoqué une controverse, le chef de l'État paraissant envisager un abaissement du seuil nucléaire.

L'arme nucléaire, devait rappeler M. Sarkozy, est une “arme de légitime défense” conçue pour frapper les centres de pouvoir, économiques, politiques et militaires d'un agresseur éventuel, et, en tout état de cause, elle s'adresse uniquement aux États ».

La doctrine Obama semble donner raison à Jacques Chirac, par le plus grand détail dans les cibles visées et la large part laissée au terrorisme :

« Selon cette nouvelle doctrine, le “terrorisme nucléaire” représente “le plus grand danger et le plus immédiat”, alors qu'“Al-Qaida et ses alliés extrémistes cherchent à se procurer des armes nucléaires” », précise Le Monde du 6 avril 2010.

De plus, les pays susceptibles d’être attaqués sont précisément qualifiés, à l'opposé même de la doctrine Sarkozy.

La France peut-elle s’enorgueillir d'une différence importante avec la doctrine Obama ?

Nicolas Sarkozy, à la recherche constante d'une légitimité internationale cherche par tous les moyens à maintenir sa différence. C'est d'autant plus facile dans un domaine où les mots prévalent sur les actes.

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