mercredi 1 juin 2011

De profondis rond-point-ibus!

En quelques années, la France s'est couverte de rond-point. Il n'existe plus un seul morceau de route qui ne relie deux ronds-points. Des ronds-points de toutes les formes.

Le plus petit rond-point est juste une bosselette en pierres, qui vous fait juste tressauter si on l'ignore. Le plus gros des ronds-points, avec ses huit routes entrantes et son monticule surmonté d'une immense statue en fer, est une véritable œuvre d'art, avec sa déclinaison de végétation et de massifs floraux.

S'il n'existe pas encore de concours de rond-point, peut-être faudrait-il le créer.

Toute la France a été passée au peigne fin, il n'existe plus le moindre croisement qui n'ait donné lieu à rond-point. Et par croisement on entend bien souvent l'arrivée d'un chemin de terre sur une route vicinale!

Nul ne contestera que la sécurité routière y ait énormément gagné, quoique l'apport spécifique des ronds-points ne soit pas mesuré dans les statistiques. Chacun jugera de l'apport esthétique, étant entendu que, d'une commune à l'autre, le penchant plus ou moins grandiloquent se soit exprimé de façon différente.

Au fond, maintenant que l'œuvre globale est parachevée, on peut la comparer à celle qui décora la France de monuments aux morts après la guerre de 14, il y a bientôt quatre-vingt dix ans.

Faudra-t-il attendre encore un tel délai pour que le génie français s'exprime à nouveau en de telles proportions ?

Et surtout, que vont devenir ces centaines de milliers d'ouvriers, les rond-point-istes, qui ont fabriqué nos ronds-points ?

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